L’Eau

Des jardins flottants

eau et rieux - hortillonnageseau et jardins fleuris - hortillonnages

A quelques minutes du centre ville et de son agitation, les hortillonnages offrent un havre de silence et de verdure.

Ces « jardins flottants », lourds d’histoire, attendent le visiteur.
Le dur combat de l’homme avec la nature hostile a peu à peu transformé les marais. On y extrait la tourbe et des zones cultivées s’y créent. Déjà les romains utilisent ces zones pour nourrir les troupes. Vers le Moyen-Age, les habitants des communes voisines que sont Rivery, Longueau, Lamotte- Brebière, drainent les bras d’eau, creusent des canaux d’irrigation, disposent cette bonne terre noire et fertile sur les « aires » et ces parcelles, ainsi formées, permettent jusqu’à trois récoltes annuelles. Ce sont ainsi plus de trois cents hectares qui sont gagnés sur les marais.

 

 

Le poumon vert de la ville

 

Ils se divisent donc en « aires » de quelques dizaines d’ares, la plupart du temps séparées par des canaux et des rieux. Longtemps les hortillons ont, avec leur production, approvisionné Amiens. Mais, le progrès ayant amené le chemin de fer, puis les wagons frigorifiques, les primeurs du sud mûris plus tôt, ont provoqué le déclin des hortillonnages. Il ne reste aujourd’hui qu’une dizaine d’hortillons en activité, se partageant 36 ha sur les 300 subsistants, par rapport au 1000 maraîchers du début du siècle qui cultivaient 350 ha.

Difficile d’imaginer que pendant des siècles, les hortillonnages, avec leur superficie de 1000 ha, enclavaient totalement Amiens. Aujourd’hui, les melons viennent du Sud, les choux-fleurs de Bretagne et doucement les aires se couvrent de gazon…

Toutefois les abris se transforment en résidences secondaires car peu à peu les citadins découvrent le « bonheur » d’un pied-à terre si près d’Amiens.